Du travail pour gagner le pain et… quoi encore ?

Les paroissiens de Sainte-Famille méritent qu’on étaye un peu mieux le choix de ce nom pour le regroupement de leurs anciennes paroisses qui avaient chacune une riche histoire. D’après l’évangéliste Matthieu et la Tradition, Joseph est le père adoptif de Jésus de Nazareth. Il est l’époux de Marie, la mère de Jésus, et l’homme qui a tenu l’enfant Jésus dans ses bras, l’a protégé, lui a sans doute enseigné les rudiments du métier d’artisan du bois. Dans Mt 13, 54-58, on mentionne que le père de Jésus est charpentier et on s’étonne : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? » Comme si un charpentier ne savait que travailler le bois…

La fête du 1er mai a été dédiée par Pie XII à saint Joseph artisan tardivement (1955), et a plus l’allure d’une occasion de valoriser le travail de l’ouvrier. Le choix de la première lecture de Genèse 1, 26 – 2, 3 me semble heureux, puisqu’on y raconte que Dieu crée toutes choses, dont les animaux et l’être humain, homme et femme, en bénissant ces derniers et en leur confiant tout ce qui vit. Le récit se termine sur une bonne note pour tout travailleur : il se reposa de toute l’œuvre de la création.

Les auteurs du récit disent : 1- Tout ce que Dieu a créé est bon. 2- Le créateur de l’univers se reposa le 7e jour, en bénissant ce jour.  Il va de soi que, si Dieu s’est reposé après son ouvrage, tout ouvrier a besoin de se reposer non seulement pour refaire ses forces; mais il ressort aussi du récit qu’il pouvait prendre le temps de contempler son travail, de dire « ça, c’est du bon ou du beau travail ». Le non-dit de ce récit, c’est que l’être humain n’est pas fait que pour subvenir à ses besoins biologiques, il est capable de bien d’autres choses : la dignité, la justice, le savoir, les arts, l’amitié, la famille…

Quand des employeurs négocient avec les employés aujourd’hui, ils devraient accepter que le salaire n’est pas la seule contrepartie du travail de leurs employés.

Par exemple, les débardeurs trouvent exagéré qu’on leur accorde seulement une fin de semaine sur trois avec leur famille. Il me semble que les employeurs du port de Montréal devraient mieux considérer la demande des débardeurs d’un temps raisonnable pour s’occuper de leur famille, sans qu’ils aient à faire la grève.

Crédit image : AEM

En plus de gagner leur salaire, les débardeurs ont droit à une vie où les valeurs de justice, de dignité et de la vie de famille sont aussi importantes que le pain. Bonne fête de saint Joseph ! Et que nos travailleurs jouissent de conditions de travail accordées à la vie familiale !

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